(1) Voici l'extrait le plus significatif : « Mais je vous dis que nous sommes devant une Nouvelle Frontière [...], que nous le voulions ou non. Au-delà de cette frontière, s'étendent les domaines inexplorés de la science et de l'espace, des problèmes non résolus de paix et de guerre, des poches d'ignorance et de préjugés non encore réduites, et les questions laissées sans réponse de la pauvreté et des surplus. »

(2) Dans la série originale la Directive Première a été pensé par Gene Roddenberry en référence à l'intervention US au Vietnam.

(3) Ainsi dans l'épisode Rédemption de Star Trek The Next-Génération (1991) le capitaine Jean-Luc Picard défend l'idée d'une intervention militaire de la FPU dans une guerre civile au sein de l'empire Klingon au prétexte qu'une des parties est aidée par les Romulians, ce qui déséquilibre la situation et met la FPU en danger.

(4) Comme par exemple Ahmed MEMON dans son article Star Trek’s United Federation of Planets: a far-future League of Nations ?

 

(5) DUBOST, Thomas. Exploration spatiale et imaginaire populaire américain, 1957-2009. In Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin 2010/1 (N° 31). https://www.cairn.info/revue-bulletin-de-l-institut-pierre-renouvin1-2010-1-page-31.htm

 

 

Le CINEMA DE SF et le colonialisme

 

"Espace, frontière de l'infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial. Sa mission de cinq ans : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger avancer vers l'inconnu" (Star Trek, générique original)

 

Introduction

La science-fiction et l’histoire de l'exploration, de la conquête, de la colonisation et de la domination impérialiste sont intimement liées. C'est l'essence même de la SF et de son cinéma que de mettre en scène l'espèce humaine se lançant à la découverte, l'exploitation et la conquête de l'espace... quand çe n'est pas l'inverse, l'espèce humaine découverte, exploitée, conquise !

Ces thèmes permettent de poser des problématiques historiques dont certaines ont un écho bien contemporain. Au travers des 3 parties de cet article nous aborderons successivement :

  • L'exploration et la conquête de l'espace avec 2 problématiques : quel parallèle peut-on établir entre les récits de Space Opéra et l'histoire de l'exploration de la Terre (d'abord les Grandes Découvertes des XV°-XVI° siècles puis l'exploration maritime et terrestre des XVII° - XIX° siècles) ? Quel lien peut-on tisser entre la SF (et son cinéma) et l'exploration spatiale de la 2nde partie du XX° siècle – XXI° siècle ?
  • La colonisation de l'espace est-elle le reflet des problématiques coloniales et anticoloniales des XIX° - XX° siècle ?
  • Entre impérialisme galactique et impérialisme colonial, néocolonial ou culturel, quelles analogies, quelles différences ?


 

I- Explorer : de la découverte de la terre a l'expansion spatiale

 

Avec Jules Verne ou Arthur Conan Doyle il s'agissait d'explorer les confins terrestres, ce qui donna, au cinéma, Le Monde perdu (1925) d'Harry O. Oyt, Vingt mille lieues sous les mers (1954) de Richard Fleischer, Voyage au centre de la Terre (1959) d'Henry Levin et bien d'autres films. Mais lorsque la Terre est sillonnée, reconnue et cartographiée, l'espace s'impose comme nouvel el dorado de l'exploration. Le cinéma s'en fait l'écho avec une imagination des plus débridées comme dans Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès ou La Femme sur la Lune (1929) de Fritz Lang, ou bien de façon plus réaliste avec, par exemple, Destination... Lune ! (1954) d'Irving Pichel ou 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968) de Stanley Kubrick).

L'un des univers du cinéma de SF le plus en prise avec l'exploration de l'espace est la saga Star Trek... Analyse...

 

 

A- Etude de cas : Star Trek, explorer sans conquérir

 

La série original Star Trek a été lancée en 1966 par Gene Roddenberry. Au total, 7 séries télé et 13 films (entre 1979 et 2016) ont forgé cet univers et ont abordé, de façon altruiste et humaniste, les grandes questions de leur époque... et parmi elles les thèmes de l'expansion humaine et de l'impérialisme. On évoquera ici l'univers Star Trek plutôt que tel ou tel film ou épisode...

 


1) Star Trek, un univers Onusien

Star Trek met en scène une humanité qui découvre et explore, sans conquête ni rapport de domination. En 1966, le programme spatial américain est largement avancé (la NASA a été fondée en 1958) pour rattraper le retard sur les Russes. En reprenant le mythe fondateur de la Frontière, glorifié par le Western, le président américain démocrate John Fitzgerald Kennedy dans son discours du 15 juillet 1960 avait lancé l'expression La Nouvelle Fontière(1) qui s'applique parfaitement bien à la saga Star Trek.

La charte de la Fédération des planètes unies est calquée sur celle de l'ONU. Il y est écrit : « Nous, les formes de vies de la Fédération des planètes unies, déterminées à épargner aux générations futures le fléau de la guerre, réaffirmons notre attachement aux droits fondamentaux des êtres dotés de conscience .../... ». C'est à mettre en regard avec la charte onusienne : « Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre .../.. ». Le principe de non-ingérence est également commun : la Directive Première affirme que nul n’a le droit de s’immiscer dans les affaires des civilisations rencontrées(2). Mais dans certains épisodes de The Next-Génération ainsi que dans Star Trek IX, Insurrection (Jonathan Fraques, 1998) la question de l'ingérence se pose(3).

 

 

2) Star Trek, une épopée maritime

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les personnages principaux de la série originale... et Gene Roddenberry.

McCURDY, Howard. Space and the American Imagination. 2° édition, Johns Hopkins University. 2011 (1999).

(6) En 2000 l'ESA a mené un projet intitulé ITSF (Innovative Technologies from Science fiction for Space Applications) destiné à envisager les idées de technologies, présentes dans des œuvres de fiction, qui pourraient faire l'objet d'études sérieuses et déboucher sur des applications concrètes dans le domaine spatial. On citera par exemple les satelittes
géostationnaires dès 1945 ; les voiles solaires ou photoniques dès 1920 ; etc.

 

(7) Anecdote : les maquettes de la fusée créées pour ce film sont jugées si réalistes par les nazis qu’ils les feront détruire, de peur qu’elles ne nuisent au secret entourant les missiles V2 conçus par Wernher von Braun… collègue, dans sa jeunesse, d’Hermann Oberth, conseiller scientifique de Lang : source : France Culture.

 

(8) Lire la Trilogie de Mars de Kim Stanley Robinson sortie entre 1992 et 1196

 

(9) MICHAUD, Thomas. L’apport de la science-fiction aux discours technoscientifiques sur la conquête de Mars. In Technologie et Innovation, 2019,vol.4, n°3. https://www.openscience.fr/IMG/pdf/iste_techinn19v4n3_7.pdf

 

(10) David Mimoun, spécialiste de Mars et professeur à l'Isae-Supaero, affirme que « Seul sur Mars est une excellente pub pour le métier d’ingénieur ».

 

(11) Le Homestead Act de 1862 donnait le droit aux colons d'acquérir des terres dans l'ouest-américain ; c'est le document fondateur de la conquête de l'Ouest, au détriment des nations indiennes. Le nom du vaisseau n'est donc pas choisi au hasard.

Pour en savoir plus on lira avec intérêt la critique du film de Catherine CHAUVIN sur le site Lecinémaestpolitique.

 

(12) C'est une constante de James Cameron que de rendre universelles des histoires ponctuelles, comme lorsque qu'avec Titanic, à travers la « lutte des classes » dans le paquebot il parlait plus globalement d'exploitants / exploités.

 

(13) RIEDER, John, Colonialism and the Emergence of Science Fiction, Middletown, CT : Wesleyan UP, 2008. Un compte-rendu ICI.

 

5 planètes de l'univers Star War

 

Pour cette fonction exploratrice que résume le générique, Star Trek reprend les codes de l'âge de la marine à voile et de l'exploration maritime du monde (surtout par l'Empire britannique), que ce soit dans la reprise du vocabulaire et de l'organisation militaire aussi bien que dans la peinture d'un cosmos conçu comme un immense océan parsemé d'îles-planètes. De plus, comme pour la phase de découverte du monde par les Européens, les explorateurs de l'univers Star Trek s'appuient sur leur avance technologique et scientifique (phaser – téléportation – moteur à distorsion) dans leurs contacts avec de nouvelles espèces.

 

3) Une saga anti-impérialiste ?

 

La série Star Trek originale, en mettant en images de façon positive l'exploration spatiale, a contribué à nourrir l'imaginaire des Américains au moment où un énorme effort scientifique, technologique et financier était demandé à la nation pour aller sur la Lune (ce qui se fera en 1969). Star Trek a donc aidé à créer un imaginaire pour nourrir l'aventure spatiale américaine, de même que la saga a accompagné et stimulé les ingénieurs et scientifiques des missions d’exploration lunaire. En se calquant sur le modèle de la littérature d'aventure du XIX° siècle (Robinson Crusoé ou L'île au trésor) Star Trek exalte le sentiment excitant de la découverte par le dépassement de soi.

 

Star Trek parle de l'impérialisme américain pour en prendre bien sûr le contre-pied dans le contexte de la guerre du Vietnam. La FPU se veut le contraire de l'impérialisme US en préchant le respect de la diversité et la non-ingérence dans les affaires des autres peuples. D'une certaine façon, Star Trek offre une vision alternative dans laquelle la grandeur des Etats-Unis se passe de l'interventionnisme.

 

Mais on peut aussi proposer une autre interprétation. En effet certaines analyses (que je ne partage pas) estiment que Star Trek offre une vision colonialiste de l'univers(4). Leur argument ? Comme lors de la découverte / conquête du monde des XVI° - XIX° siècles on trouve, dans Star Trek, la volonté de classer et hiérarchiser les espèces découvertes à l'aune de leur degré de civilisation... Là encore certains auteurs font un parallèle appuyé non avec l'ONU mais avec la Société des Nations qui, derrière le discours de paix, développait également un discours impérialiste puisque les nations étaient hiérarchisées et certaines, dont le niveau de civilisation était jugé insuffisant, placées sous mandats de nations européennes plus puissantes qui devaient les mener vers la civilisation (le « fardeau de l'homme blanc » selon R. Kipling).

 


B- Explorer : quand la SF soutient l'exploration spatiale

 

Les œuvres de SF ont nourri l'imaginaire préparant ainsi les esprits à l'aventure spatiale qui débute réellement après la 2nde guerre mondiale. Aux Etats-Unis, les œuvres de SF (littérature, cinéma, etc.) ont contribué à ancrer dans l'esprit de l'opinion publique la nécessité de l'exploration spatiale faisant de l'espace une nouvelle frontière. C'est valable encore aujourd'hui...


1) Le programme spatial américain nourri à la science-fiction ?

« Depuis ses débuts, le programme spatial américain a été stimulé par ce grand rêve romantique et les analogies historiques ont joué un rôle essentiel dans la promotion de l’exploration spatiale »(5).

 

En 1969, la presse américaine se risque à des comparaisons historiques héroïques : le Washington Post écrit qu'« il y a quelque chose dans cet âge spatial qui n’est pas différent d’une autre ère de grandes découvertes qui a eu lieu au XVe siècle » ; le Washington Daily News quant à lui compare l'alunissage du 20 juillet 1969 à la découverte par Christophe Colomb de l’Amérique. Et pourtant les œuvres de SF ont largement anticipé les réalisations de la NASA : ainsi l'homme marche sur la Lune dès 1950 dans le film de Georges Pal, Destination Moon. Ainsi, l'apport de la SF à l'imaginaire spatial a été majeur, surtout dans les années de guerre froide dans lesquelles les inquiétudes, voire la peur, nourrissaient l'adhésion du public à l'exploration spatiale.

 

Star Trek, le générique original (extrait).

Pour illustrer cette idée voici un extrait d'un documentaire des années 50 disponible sur le site du National Geographic :

A gauche, photogramme de destination Moon et à droite Neil Armstrong sur la Lune en 1969.

Que ce soit la NASA, l'ESA ou d'autres agences spatiales les scientifiques de l'exploration spatiale ont largement mis à contribution, au côté des fondateurs de l'astronautique, les auteurs de fiction : la recherche nourrit la fiction et la fiction inspire parfois la recherche(6).

 

 

2) Le cinéma de SF nourrit l'imaginaire spatial

La Lune a été la 1ère étape cinématographique de l'exploration spatiale : en 1902, le film de Georges Méliès, Le Voyage dans la Lune, s’inspire du roman De la Terre à la Lune de Jules Verne, en abandonnant toute prétention scientifique au profit du fantastique et du merveilleux dont la Lune à visage humain est l'image la plus célèbre :

Viendront ensuite des films comme Les premiers hommes dans la Lune de Bruce Gordon et J.L.V. Leigh (d'après H. G. Wells) en 1929 ou La Femme sur la Lune de Fritz Lang (1929) qui s'essaye à plus de vraisemblance(7) :

En 1950, le premier film crédible sur l’exploration spatiale est Destination… Lune ! d’Irving Pichel. Ce film du temps de la guerre froide est de la propagande pour l’exploration spatiale et la future NASA (créée en 1958) afin de la rendre populaire auprès des spectateurs américains. En 1968, Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke donnent leur vision à la fois philosophique, poétique et réaliste de l'aventure spatiale dans 2001 : l'Odyssée de l'espace avec une station orbitale et une base lunaire, Clavius.

 

L'image filmée a donc été un instrument de l'exploration spatiale : par exemple, les costumes spatiaux (entre les années 30 et 80) tout kitsch qu'ils aient été devaient séduire, flatter la libido, faire rêver... comme le faisaient les couvertures séduisantes des pulps ou les dessins de Robida. Après un creux dans les années 70-90 l'imaginaire spatial revient en force et en réalisme avec les récents Seul sur Mars (Ridley Scott, 2015), Gravity (Alfonso Cuaron, 2013) ou Interstellar (Christopher Nolan, 2014).

 

Exciter l’imagination, faire vibrer l’homme de la rue pour l’exploration spatiale ont également aidé à recueillir le soutien politique et financier nécessaire aux programmes spatiaux civils nationaux... et ce d'autant plus que l'exploration spatiale reste, actuellement, un mythe à entretenir. En effet les conditions technologiques, financières et politiques pour vaincre les distances astronomiques de l'exploration spatiale ne sont pas, loin de là, réunies !

 

3) L'exploration cauchemar

Si la SF génère des représentations futuristes technoscientifiques qui alimentent l'imaginaire, on constate qu'à partir des années 60 et du cyberpunk, l'exploration génère également un imaginaire de cauchemar dénonçant aussi bien les dérives technologiques que l'ultralibéralisme. Au cinéma la série de films Alien (entre 1979 et 2017) incarne ceci au travers des 2 monstres récurrents des films : l'Alien bien sûr mais aussi le conglomérat Weylan-Yutani.

Le thème de l'univers (et ses créatures) hostiles à l'humanité est très ancien... on le développera dans les parties suivantes.

 

 

 

 

 

II- colonisation et colonialisme


 

L'espace colonisé par l'espèce humaine dans la SF a fait l'objet de romans cultes (les cycles Fondation d'Isaac Asimov ; Dune de Franck Herbert ; Hypérion de Dan Simmons ; etc) et de films ou séries de films très connus (Star Trek ; Star Wars ; Alien ; etc.). Nous allons nous demander si la colonisation de l'espace dans les films de SF fait écho aux 2 phases de la colonisation / décolonisation terrestre des XVI°-XVII° puis des XIX° - XX° siècles ?

Nous commencerons par analyser un cas emblématique de l'imaginaire collectif : la planète Mars.

 

A) Etude de cas : la planète Mars


1) La fascination pour Mars

 

En 1877 l'astronome italien, Giovanni Schiaparelli, observe Mars et déclare qu'il existe des canali à la surface. Les médias traduisent canali par canaux (ouvrages manufacturés et non naturels) alors que Schiaparelli évoquait lui des canaux naturels... Dès lors, reprise et glosée à l'infini, l'idée d'une planète habitée se diffuse... Cette anecdote illustre la fascination que Mars a exercé, et ce depuis longtemps, sur les hommes.

L'intérêt pour Mars a connu 3 moments forts que le New York Times a quantifié à partir des occurences du mot "Mars" dans le journal :

  • jusqu'aux années 50 Mars alimente un imaginaire foisonnant où la question de la vie sur cette planète tient une grande place, y compris dans certaines communautés scientifiques. Le cinéma s'en fait l'écho avec des Martiens hostiles (1898 La Guerre des Mondes de HG Wells en est la matrice) ;
  • dans les années 70-80 : l'imaginaire prend une autre tournure car depuis 1965 nous disposons des 1ères images du sol martien gràce à la sonde Mariner 4 qui a révélé une planète aride, impropre à la vie ;
  • depuis la fin des années 90 et plus récemment, dans les années 2010, un regain d'intérêt se manifeste avec comme question-clef celle de la possible colonisation de la planète.

Aujourd'hui la colonisation de Mars est une ambition portée par un courant idéologique, le marsisme, incarné par la Mars Society créée en 1998 par Robert Zubrin (et son pendant en France, Planète Mars) dont le but est de promouvoir les missions martiennes auprès des grandes agences comme la NASA ou l'ESA. En plus d'un classique lobbying la Mars Society encourage les productions de SF afin d'alimenter positivement l'imaginaire martien auprès du public comme des scientifiques. L'idée de la terraformation de Mars est un des piliers de la pensée marsiste(8). Dans les années 2010 de nouveaux modèles économiques émergent autour de la conquête de l'espace, et de Mars en particulier : le New Space, défini comme « l’intérêt de milliardaires et d’entrepreneurs pour exploiter l’espace, par le tourisme, l’exploitation d’astéroïdes ou la création de bases extraterrestres conçues comme les prémisses d’une expansion de l’humanité dans le système solaire »(9). Ce courant idéologique est incarné par Jeff Bezos et surtout Elon Musk (SpaceX) qui « joue avec son image de technophile génial, imprégné par la culture geek, pour orienter les représentations collectives de l’avenir dans les communautés de chercheurs, notamment aux Etats-Unis. »(9)

 

2) Mars au cinéma : du Vaisseau dans le ciel à Seul sur Mars

 

Le cinéma s'empare très tôt de la fascination / répulsion pour Mars avec des films alliant merveilleux et fantasmes, fascination et inquiétudes :

  • Aelita un film muet d'Yakov Protazanov (1924) voir mon article précédent ;
  • Buck Rogers et Flash Gordon sont adaptés en serials à la télévision et au cinéma dans les années 30 ;
  • Le vaisseau du ciel (1918) d'Holger-Madsen est un plaidoyer pacifiste en pleine Première Guerre ;
  • Just Imagine (1930) de David Butler et Flight to Mars (1951) de Lesley Selander sont des films délicieusement kitschs ;
  • La planète rouge (1959) d'Ib Melchior est un film moralisateur : les humains ne sont pas assez avancés spirituellement et les Martiens leur interdisent de revenir sur Mars

 

Durant la guerre froide, Mars et sa couleur rouge, sont pain béni pour les cinéastes de l'anticommunisme :

  • de nombreux films mettent en scène une invasion martienne : dans Les Envahisseurs de la Planète rouge 1953 de William Cameron Menzies les Martiens transforment les humains en robots (c'est le thème de l'ennemi intérieur) ; La Martienne diabolique de David MacDonald (1954), toute de cuir vétue, vient sur Terre pour enlever des hommes afin d'en faire l'élevage sur Mars (!) ; Invasion of the Saucermen (1957) d'Edward L.Cahn fait disparaître en fumée les envahisseurs de Mars vulnérables... à la lumière (!) ; dans Red Planet Mars (1952) d'Harry Horner l'intrigue martienne est un prétexte pour évoquer la destruction du communisme en URSS ; le plus célèbre film reste l'adaptation du roman de Wells, La Guerre des mondes (1953) par Byron Haskin.
  • On peut aussi citer 2 autres films intéressants : Rocketship X-M, 24 heures chez les Martiens (1950) de Kurt Newman dans lequel la civilisation martienne détruite par guerre atomique est revenue à l'âge de pierre (film-avertissement sur le péril nucléaire) et La Conquête de l'Espace (1955) de Byron Haskin qui fait une véritable propagande pour l'exploration spatiale, 3 ans avant la naissance de la NASA, mais avec, comme assistant technique,  Werner von Braun lui-même.

 

Depuis les années 60, Mars semble être devenue un prétexte filmique pour poser des intrigues ou proposer des films d'action. En effet, après que la science eu offert les 1ères images de Mars, planète désolée et inhabitable, le cinéma n'a plus tenu de discours construit sur cette planète. On trouve encore de nombreux films se déroulant sur Mars, sans qu'il y ait de vision particulière qui se détache. Citons :

  • Ghost of Mars (2001) de John Carpenter, un Western martien mâtiné d'horrifique ;
  • Total Recall (1990) de Paul Verhoeven, adaptation cinématographique de la nouvelle We can Remember it for You Wholesale de Philip K. Dick qui évoque l'écogénèse de Mars soumise à une quasi dictature qui fait payer l'air respirable ;
  • Mars Attacks ! (1996) de Tim Burton est une foisonnante parodie des films de SF (avec un hommage à Ed Wood) et une satire au vitriol de l'Amérique des années 90 ;
  • un film est à signaler, qui détonne avec les précédents, Mars (1968) de Pavel Klushantsev qui, s'il montre la conquète de la planète par l'URSS est avant tout un film-documentaire sur l'état de la conquère spatiale dans les anénes 60

 

Un renouveau de la fascination pour Mars s'est emparé du cinéma américain depuis les années 2000. Trois films l'illustrent, avec, en point commun, une sérieuse volonté de réalisme :

  • Planète rouge (2000) d'Antony Hoffman évoque la terraformation (compliquée, mais réussie) de la planète afin de constituer un abri pour les Terriens ;
  • Mission to Mars (2000) de Brian de Palma, produit en étroite collaboration avec la NASA, se veut d'un haut degré de réalisme... mais sera un semi-échec commercial ;
  • Enfin, Seul sur Mars (2015) de Ridley Scott est un survival movie salué pour son réalisme(10) ; mais en adaptant le roman d'Andy Weir (2011) le réalisateur l'a dépouillé de ses longues explications scientifiques pour le rendre cinégénique... donnant ainsi à Matt Damon un statut héroïque et à la science un aspect quasi magique.

 

 

B) Le bon temps des colonies

 

 

1) Coloniser l'espace

 

Ursula Le Guin a écrit en 1975 que la SF manque d'imagination et qu'elle rebâtit sans fin l'empire britannique de 1880 : des planètes à civiliser ou des planètes-états dominées par les Terriens reproduisant la domination de l'homme blanc... Il est vrai que dans la représentation de la conquête de l'espace les auteurs s'inspirent des conquistadores, de l'Empire britannique, de la traite des esclaves, etc. Ils s'inspirent aussi de la décolonisation du XX° siècle lorsqu'ils critiquent l'impérialisme. Le cinéma de SF s'est fait lui aussi l'écho, en creux ou en pleins, des débats autour de la colonisation de l'espace par l'espèce humaine dont les termes peuvent être posés ainsi :

  • Pour les tenants de la colonisation spatiale il s'agit de répandre la vie (et sa diversité) voire d'assurer la survie à long terme de l'espèce humaine ; d'améliorer l'économie ; de sauvegarder l'environnement ; de faire progresser la science ;
  • Pour les détracteurs de cette colonisation le coût est colossal et cela utilise des ressources au détriment d'autres projets ; cela détourne du vrai défi qui est la préservation de la Terre ; cela réitérerait la colonisation du XIX° siècle et ses horreurs... Pour eux, laissons cela aux robots ;

 

 

2) Le cinéma de SF et le fait colonial

 

La SF a d'abord été, massivement, un chantre de l'expansion coloniale par ses récits d'aventuriers lancés dans les étoiles comme autant de Christophe Colomb ou de Francis Drake et par ses récits de conquêtes faits de confrontations, le plus souvent violentes, avec des autochtones hostiles voire monstrueux (se reporter à la 1ère partie de cet article).
 

Le plus souvent l'espace colonisé par l'espèce humaine fonctionne en simple toile de fond pour des récits d'aventure et d'action :

  • dans Star Wars (1979 à 2019) on comprend que l'espèce humaine s'est répandue dans une galaxie où chaque planète dispose d'une singularité propre mais est accessible à l'homme : planète-glace (Hoth), planète-jungle (Dagobah), Lune-forestière d'Endor, planète-désert (Jakku - Tatooine) planète de lave (Mustafar) ;
  • dans Alien le retour (James Cameron, 1986), l'intervention des Space Marines se fait sur LV-426, une colonie terraformée ; de même dans Prometheus (Ridley Scott, 2012), des ingénieurs pratiquent la terraformation sur des planètes afin d'en faire des bases militaires ;
  • Outland… loin de la Terre (Peter Hyams, 1981) est un mélange d'enquête policière et de Western situé sur une colonie minière ;

 

Une critique et des interrogations sur le sens et les fondements de cette expansion coloniale ont émergé très tôt. Rappelons que La Guerre des Mondes de H.G. Wells est une féroce critique du colonialisme en mettant l'espèce humaine dans le rôle des indigènes génocidés par les tripodes colonisateurs (dans le contexte de 1898 c'est une allusion plus précise à la colonisation de la Tasmanie). Ce qui est intéressant c'est que les différentes adaptations cinématographiques ont perdu ce regard anticolonial pour ne conserver que le thème de l'invasion et de l'extermination de l'espèce humaine. C'est surtout à partir des années 50 avec l'essor des mouvements de libération nationale et les guerres de libération (Vietnam – Cuba – etc.) que la critique du colonialisme imprègne les récits de SF (avec des auteurs comme Philip Jose Farmer ou Norman Spinrad). Par contre au cinéma le genre ne fait pas florès.

 

Plus récemment 2 films posent la question coloniale :

  • La stratégie Ender (Gavin Hood, 2013, adaptation du roman d'Orson Scott Card de 1985) inverse le trope colonialiste en mettant l'humanité dans la situation du colonisé menacé par une invasion d'un colonisateur xénomorphe ; pour éviter leur propre génocide les humains exterminent le peuple Alien ;
  • Passengers (Morten Tyldum, 2016), au delà de l'histoire entre les 2 héros (Jennifer Lawrence et Chris Pratt) pose une intéressante réflexion sur la colonisation. Le vaisseau spatial Avalon emporte 5 000 colons en état d'hibernation vers la planète Homestead 2 pour le compte de la société éponyme. Cette entreprise reprend très clairement le thème de la conquête de l'ouest américain(11). Sur ce sujet les 2 héros s'affrontent : Jim (Chris Pratt) soutient le projet Homestead, il incarne l'élan pionnier et la volonté d'une vie nouvelle face à Aurora (Jennifer Lawrence) qui dénonce l'exploitation capitaliste par la société Homestead qui engrange des « quadrillons de dollars » de profit sur le dos de gogos endettés à vie. Le film ne paraît pas prendre partie... sauf que la sympathie du spectateur va plutôt vers Jim, un simple électro-mécanicien aux rêves et aux goûts simples et non vers Aurora, sorte d'intello branchée et distante.


 

3) Black Panther, la revanche de l'Afrique colonisée ?

Le cas du film de super-héros Black Panther (Ryan Coogler, 2018, tiré du DC Comics de Stan Lee et Jack Kirby) est intéressant pour la vision de l'Afrique qu'il propose. On peut l'analyser à 3 niveaux :

  • le Wakanda serait l'Afrique n'ayant pas connu le colonialisme destructeur, une puissance qui compte, tiraillée entre isolationnisme et interventionnisme ;
  • à travers les personnages de T'Chaila (Chadewick Boseman, souverain du Wakanda) et Killmonger (Michael B. Jordan, l'usurpateur) ce sont 2 conceptions de la libération de l'Afrique et de l' « Homme noir » qui s'affrontent... mais la radicalité extrême de Killmonger discrédite la voie de la lutte au profit de celle de l'intégration respectable ;
  • enfin on peut voir aussi dans ce film une vision rétrograde de l'Afrique car il véhicule les mêmes mythes qu'il cherche à dénoncer : une Afrique tribalisée ; des élites noires aisées qui dominent ; etc.

 

Une scène est très intéressante : venue solliciter l'aide des Jabari auprès de leur souverain, M'Baku, la reine Ramonda (Angela Basset), mère de T'Chaila est accompagnée de l'agent de la CIA, Ross :

On peut retenir 2 enseignements de cette évocation hilarante du cannibalisme :

  • l'intervention du blanc (Martin Freeman) est une métaphore des interventions européennes dans les affaires africaines (du colonialisme le plus éhonté à la « Françafrique ») ;
  • le cannibalisme, qui fut un argument de la conquête coloniale et de l'esclavage, est démonté en un clin d'oeil... chapeau bas !

 

 

 

 

III- Imperialisme

 

En se référant à la définition proposée dans la Wikipedia, l'impérialisme est « une stratégie, doctrine, politique de conquête, visant la formation d'un empire ou d'une domination ». Il est clair que la SF regorge d'empires Galactiques, mais sous quelles fomes et avec quels discours ?

 

 

A- Etude de cas : Avatar de James Cameron (2009)

 

 

 

A Bilin, le 12 février 2010 des Palestiniens grimés en Nav'is, le peuple autochtone d'Avatar manifestent contre le mur érigé par Israël face à la Cisjordanie. Pour la journaliste Nahla Chahal (voir) « le film en 3D n’est pas qu’une réussite technique, mais transmet aussi un message fort de solidarité et d’humanisme ». En effet, l'année précédente, la sortie d'Avatar de James Cameron révolutionne le cinéma de SF et aborde des thèmes multiples (se reporter à l'article sur Ecologie et SF). L'une des thématiques majeures est la colonisation, par des humains impérialistes, d'une exoplanète habitée, Pandora, pour en exploiter la ressource capitale, l'unobtainium.


 

1) Une histoire d'impérialisme et de Frontière

En 2154, la Terre traverse une crise énergétique sans précédent et sur Avatar existe en quantité énorme le minerai salvateur, l'unobtainium... mais son exploitation se heurte à la résistance d'un peuple autochtone, les Na'vis.

En arrivant sur Pandora, les humains reproduisent la découverte et la colonisation de l’Amérique (en mélant la légende de Pocahontas et John Smith ainsi que la conquête de l'ouest). James Cameron en fait une relecture et déconstruit le mythe de la Frontière, comme le cinéma américain de la contre-culture (années 60-70) l'avait déjà fait et comme Kevin Costner l'avait également fait en 1990 dans Danse avec les loups. L'analogie des Nav'is avec les Indiens d'Amérique est évidente de même que la RDA et ses sbires incarnent le colonisateur. A signaler que le pouvoir politique est totalement absent du film : ainsi les soldats sont bien des paramilitaires (dans le film Sully-Sam Worthington les définit comme des mercenaires) à la solde du consortium privé RDA. L'administrateur Selfridge (Giovanni Ribisi) et le colonel Quaritsh (Stephen Lang) expriment les arguments classiques de la « mission civilisatrice » : « Vous savez, on a essayé de leur donner des médicaments, de l’éducation, des routes, mais non ! Ils préfèrent la boue ! » ou « On a essayé de les éduquer, mais ils ont refusé ». De même le vocabulaire employé par Quaritsh pour désigner les Nav'is évolue peu à peu, passant de natifs à indigènes puis sauvages pour finir par singes bleus.


 

2) Une histoire de rédemption et de nouveau départ

Dans Avatar (comme dans nombre d’œuvres de la contre-culture des années 70) il y a un double changement de paradigme. Le 1er est un processus d'inversion (contre-mythe) où le blanc devient le sauvage et l'indien la victime. Le 2nd est une reprise du mythe du « bon sauvage » vivant en harmonie avec son environnement dans un modèle sociétal utopique. C'est la dimension écologique du film (se reporter à l'article sur Ecologie et SF). De ce fait, Avatar propose une rédemption et un nouveau départ pour l'humanité, à l'image de la renaissance de Jake Sully l'handicapé amer et désabusé devenant le Toruk Makto des Nav'is (à l'image de John Dunbar / Kevin Costner de Danse avec les loups). Jake Sully comme John Dunbar sauvent donc, symboliquement, l'Amérique et plus largement, l'humanité...


 

3) Une histoire universelle d'impérialisme

Avatar évoque aussi très directement le Vietnam et le conflit Irakien (voir l'article sur l'histoire des Etats-Unis au miroir du cinéma de SF) en cours lors de la sortie du film afin de rendre universelle sa dénonciation de tout impérialisme(12).

 

 

B- Empire-s

 

La SF est née dans 2 pays impérialistes du XIX° siècle, le Royaume-Uni et la France puis s'est développée dans les autres pays à visée impériale, l'Allemagne et les Etats-Unis. Pour John Rieder(13) la SF est même née parce qu'il y avait ce contexte impérialiste que ce soit pour le soutenir ou pour le critiquer.

 

 

1) Les Empires galactiques au cinéma

La figure dominante de l'Empire galactique est celle d'une construction politique militarisée métaphoriquement proche de 3 modèles : la Rome impériale, les Empires coloniaux européens du XIX° - début XX° siècle et les Etats-Unis impérialistes du XX° - XXI° siècles. Le Space Opera (sous-genre typiquement américain) imagine des empires galactiques semés de nombreuses et exotiques planètes à explorer et à dominer, au carrefour du western, du récit d’aventure maritime et du récit de guerre :

  • dans la saga Star Wars (1979 - 2019) l'Empire désigne l'immensité galactique englobée dans une culture commune qui fonctionne comme l'Empire britannique : des îles-planètes dans un océan spatial, reliées entre elles par des navires spatiaux. Le terme désigne également une construction politique dictatoriale par opposition à la République ;
  • dans Starship Troopers de Paul Verhoeven (1997), la Fédération (le gouvernement mondial de la terre) se heurte aux Arachnides pour l'expansion spatiale. Plus que la lutte entre 2 impérialismes, c'est surtout la lutte impérialiste des humains contre une opposition extraterrestre dont il est question.

 

2) Un cinéma de SF anti-impérialiste ?

Dans de nombreux films les notions d'Empire et d'impérialisme sont écartés au profit de représentations plus humanistes et généreuses sous les expressions de Ligue ou de Fédération. En littérature ce courant est incarné par le cycle de la Culture de Iain Mc Bains. Citons :

  • la saga Star Trek, déjà largement évoquée plus haut, qui propose une FPU pacifiste et exploratrice qui compte en l'an 2373 plus de 150 membres répartis sur 8 000 années-lumière ;
  • Valérian et la cité des 1000 planêtes (Luc Besson, 2015, libre adaptation de la BD L'ambassadeur des ombres de Mézières et Christin paru en 1975) imagine une fédération galactique pacifiée autour de la station Alpha. La scène d'introduction avec la succession de poignées de mains, en commençant par celle de 1975 lors de la mission commune Apollo-Soyouz, est révélatrice :

 

A gauche, les Palestiniens de Bilin ; à droite, Neytiri (Zoé Saldana).

 

D'autres films, à l'image d'Avatar évoqué plus haut, proposent un discours anti-impérialiste dont le plus abouti est la charge au bazooka de Paul Verhoeven dans Starship Troopers (se reporter à l'article sur L'histoire des Etats-Unis à travers le cinéma de SF). Dans Le Jour d'Après (2004) Roland Emmerich inverse le rapport Nord-Sud en faisant traverser le Rio Grande par des milliers de migrants Nord-Américains chassés par le refroidissement climatique.

Parfois enfin, le discours anti-impérialiste est plus ambigu comme dans Stargate la porte des étoiles (Roland Emmerich, 1994) où la dénonciation anticoloniale se fait en véhiculant des tropes du colonialisme (se reporter à l'article sur L'histoire des Etats-Unis à travers le cinéma de SF)

 

 

Conclusion

 

Le cinéma de SF lorsqu'il parle d'expansion spatiale, de colonisation stellaire ou d'Empire galactique recycle l'Histoire : conquistadores en combinaison de combat et exosquelette ; Robinson Crusoé... martien ; peuples premiers avec tentacules et cerveau hypertrophié ; Philippe II doté du coté obscur de la force ; etc.

Par contre la profondeur de la réflexion prospective à laquelle la cinéma de SF nous a habitué quand il parle de guerre (voir l'article Que la guerre est belle ?), de ville (voir l'article La ville de SF ne peut elle être que dystopique ?), de pouvoir (voir l'article Pouvoir-s : le totalitarisme comme seul avenir ?) ou encore d'écologie (voir l'article Ecologie et SF : un cinéma de la peur ?) semble, pour le sujet du colonialisme et de l'impérialisme, encore assez peu avancée, en tout cas très en retrait par rapport à la littérature. Mais on constate que des films s'y intéressent depuis quelques années (on a cité Avatar ou Black Panther)... alors à quand le grand film de SF sur l'épopée coloniale, à la manière de l'oeuvre d'un Mike Resnick ?

BIBLIOGRAPHIE - WEBOGRAPHIE

 

 

A lire

 

BOIA, Lucian. L'Exploration imaginaire de l'espace. Paris, La Découverte, 1987.

 

CSICSERY-RONAY Jr, Istvan. Science Fiction and Empire. In Science Fiction Studies, Vol. 30, No. 2, Social Science Fiction (Juillet 2003). VOIR un extrait.

 

KERSLAKE, Patricia. Science Fiction and Empire. Liverpool University Press, 2010.

 

McCURDY, Howard. Space and the American Imagination. 2° édition, Johns Hopkins University. 2011 (1999)

 

RIEDER, John. Colonialism and the Emergence of Science Fiction, Middletown, CT : Wesleyan UP, 2008. Un compte-rendu.

 

 

En vrac sur le Web

 

BERLATSKY, Noah. Why Sci-Fi Keeps Imagining the Subjugation of White People. VOIR.

 

DEMAN, J. Andrew. Star Wars is colonial fantasy : How our future imaginings are limited by our past. In The Conversation, décembre 2017. VOIR.

 

DUBOST, Thomas. Exploration spatiale et imaginaire populaire américain, 1957-2009. In Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin 2010/1 (N° 31). VOIR.

 

Sur le blog de DJ MISS PHOEBE des articles sur la colonisation de la Lune. VOIR.

 

HERBEZ, Ariel. La science-fiction à l'aide de la conquête spatiale. VOIR.

 

MUSSET, Alain. Science-fiction et sociétés post-coloniales : la revanche des Suds. 2013. Sur le blog Divergences 2. VOIR.

 

NEY, Philippe. Attention au départ ! Prochain arrêt la Lune. En train vers les… étoiles. In Train et cinéma. VOIR.

 

SAUDERS, Robert A. Imperial Imaginaries : Employing Science Fiction to Talk about Geopolitics. Article de la revue E_International relations. Juin 2015. VOIR.

 

Sur TECHNO-SCIENCE. La colonisation de l'espace. VOIR.

 

LABROUSSE, Fabrice anime un site sur le cinéma de SF. VOIR.

 

ROPERT, Pierre. L'espace an cinéma, aux confins du crédible. Sur le site de France Culture. VOIR

 

Articles de la WIKIPEDIA :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation_de_l%27espace_dans_la_fiction

https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation_de_l%27espace

https://fr.wikipedia.org/wiki/Terraformation_dans_la_fiction

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_dans_la_fiction

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_au_cin%C3%A9ma

 

Des filmographies SF sur les thèmes de cet article :

http://mosa.ique.free.fr/cinemasf/index.php?rub=the

https://www.senscritique.com/liste/Les_meilleurs_films_sur_la_colonisation_de_l_espace/1002024

 

L'encyclopédie de la SF (SFE) :

http://www.sf-encyclopedia.com/entry/imperialism

http://www.sf-encyclopedia.com/entry/colonization_of_other_worlds

http://www.sf-encyclopedia.com/entry/life_on_other_worlds

http://www.sf-encyclopedia.com/entry/galactic_empires

 

 

A propos de Mars

 

Le Blog Culture Martienne (Planète Mars et martiens dans l'imaginaire et la culture populaire). VOIR.

Sur ce blog Herveline VINCHON a écrit de nombreuses critiques de films :

 

Le site Mars et la SF. VOIR.


Critique du film La planète rouge sur le blof scifi-movies. VOIR.

 

SAINT-MARTIN, Arnaud. Science-fiction et futurologie de la colonisation martienne. VOIR.

 

Une filmographie sur Mars et les Martiens. VOIR.

 

A propos de l'origine de la fascination pour Mars : VOIR.

 

A propos de la Mars Society et du marsisme :

  • Sur le blog de Pierre BRISSON : VOIR.
  • Sur le blog de Thomas MICHAUD : VOIR.
  • CLEMENT, Rémy. Conquête de Mars: "Personne ne croît au show hollywoodien d'Elon Musk". In Challenge, août 2017. VOIR.
  • ZUBRIN Robert. Cap sur Mars: un plan pour l’exploration et la colonisation de Mars par l’homme. Editions Goursau, Paris, 2004.
  • ZUBRIN Robert. On a marché sur Mars. Presses de la cite, Paris, 2006


MICHAUD, Thomas. L’apport de la science-fiction aux discours technoscientifiques sur la conquête de Mars. In Technologie et Innovation, 2019,vol.4, n°3. VOIR.

 

 

A propos d'Avatar

 

Un article de la journaliste d'Al-Hayat Nalha CHAHAL. VOIR.

 

AUGE, Etienne. Avatar, pas très écolo. Sus Slate.fr.

 

ACHOUCHE, Mehdi. Avatar, ou la régénération du mythe de l’Amérique. In Le cinéma américain face à ses mythes: une foi incrédule, revue Cycnos, Volume 28.2, 2012. VOIR.

 

Sur le blog de DJ MISS PHOEBE des articles  sur Avatar, ICI et LA.

 

 

A propos de Black Panther

 

Black Panther, un Marvel à l’esthétique militante (2018). VOIR.

 

Sur le blog La colonie du Web. Heros Politicus #2 Le MCU face au Colonialisme – Partie 3 : Black Panther. VOIR.

 

PALEN, Marc-William et HERRMANN, Rachel. The Threat of Cannibalism and Wakanda’s Place in the World : BLACK PANTHER. In le blog The Imperial & Global Forum de l'Université d'Exeter, Juillet 2018. VOIR.

 

 

A propos de Star Trek

 

STEINL, Johannes. A post-colonial approach to Science Fiction - Narrations of Imperialism within "Star Trek". Université de Francfort. 2010. Un extrait ICI.

 

Une série d'articles sur SF et Empire sur le blog The Imperial & Global Forum de l'Université d'Exeter ( VOIR). Juillet 2018 :

  • PALEN, Marc-William et HERRMANN, Rachel. To boldly go!”: Adventure and Empire in Star Trek. VOIR.
  • MEMON, Ahmed. Star Trek’s United Federation of Planets: a far-future League of Nations ? VOIR.
  • PALEN, Marc-William et HERRMANN, Rachel. John Stuart Mill, the Prime Directive, and the Theory of Moral Intervention. VOIR.

DEFFERRARD, Fabrice. Star Trek est une série avant tout juridique. VOIR.

 

GOEDERT, Nathalie. Les univers juridiques de Star Trek. In IMAJ, 20/04/2016. VOIR.

 

CORCOS, Léo. Retour sur la saga Star Trek. VOIR.


 

A propos de Passengers

 

CHAUVIN, Catherine. Une critique sur le blog Lecinémaestpolitique. VOIR.

 

Une analyse de Yohan DEMEURE. VOIR.

 

 

A propos de Valérian

 

Un article du Huffington Post. VOIR.